Le balado Réinventer les soins de santé avec Dr Richard Belley
Le Dr Richard Belley est médecin de famille depuis près de 30 ans. Mais sa pratique ne s’est jamais limitée à la clinique.
Technologue autodidacte, entrepreneur et membre actif du Réseau Premier Ligne au Québec, il s’intéresse depuis le début de sa carrière à la façon dont la technologie peut transformer la première ligne, de la gestion administrative à l’adoption des outils numériques, en passant par la prévention et le bien-être des équipes de soins.
Avec un parcours atypique, microbiologie, informatique en autodidacte, urgence, entrepreneuriat, il apporte une vision concrète à l’un des défis les plus urgents de la première ligne : contribuer à l’élaboration des cliniques à la fois efficaces, humaines et durables.
Cela soulève une question importante : que doit-on changer pour que la première ligne devienne vraiment durable, tout en offrant les soins qu’attendent les patients ?
« Ce n’est pas une question de remplacer les humains. C’est de les accompagner et de libérer du temps pour ce qui compte vraiment. »
Points clés à retenir
- La première ligne a un problème de système, pas de personnes
- La surcharge administrative est le vrai goulot d’étranglement
- L’IA accompagne, elle ne remplace pas
- La prévention est un engagement générationnel, pas un slogan
- Recruter de nouveaux médecins commence par changer le récit sur la médecine de famille
- Le bien-être du médecin n’est plus tabou et c’est un progrès réel
Une partie de la solution : autonomie locale et force collective
Le Réseau Première Ligne repose sur une conviction simple : les médecins de famille travaillent mieux quand ils ne sont pas seuls.
Plutôt que d’imposer des structures uniformes, le réseau vise à créer un espace où les cliniques partagent leurs bonnes pratiques, s’entraident sur les défis opérationnels, et gardent leur autonomie locale, tout en faisant partie d’un tout plus fort.
« La communauté de pratique, c’est ce que les médecins nous demandent. C’est l’avantage de la première ligne et c’est là qu’on veut aller. »
Adopter l’IA : une question d’humains, pas d’outils
L’adoption de l’IA en clinique ne se fait pas du jour au lendemain. Le plus grand obstacle, selon le Dr Belley, n’est pas la technologie elle-même, c’est la gestion du changement. Chaque nouvel outil demande un effort d’adaptation, une courbe d’apprentissage, et une confiance qui se bâtit avec le temps.
« Quand on adopte un nouvel appareil, une nouvelle façon de fonctionner, la charge cognitive va être un peu plus grande au début, mais avec l’adoption, ça diminue. »
Ce n’est pas une question de résistance au progrès. C’est une réalité humaine : tout changement perturbe les habitudes avant de les améliorer. Et dans un milieu où la charge de travail est déjà élevée, cette période de transition demande du temps, du soutien, et des équipes prêtes à traverser l’inconfort ensemble.
La prévention avant tout
Le système de santé québécois investit massivement dans le traitement de la maladie : médicaments et interventions curatives. Mais selon le Dr Belley, on passe à côté d’un levier bien plus puissant : la prévention. L’activité physique, les bonnes habitudes de vie, l’éducation du patient, autant d’outils qui coûtent moins cher et dont les effets se mesurent sur une génération.
« Le fait de faire de l’argent en soins primaires ou en médecine est perçu très négativement.« On met beaucoup d’argent dans le traitement de la maladie. Mais si on investissait davantage dans l’accès à la prévention, on dépenserait peut-être bien moins en traitements par la suite. »Mais ça crée aussi un problème, parce qu’il y a faire de l’argent et il y a avoir des réserves. »
Ce n’est pas un discours idéaliste. C’est une logique économique autant que médicale et un changement de paradigme que le Dr Belley soutient depuis le début de sa carrière.

L’IA libère les cliniciens pour un travail plus significatif
La transcription automatisée réduit concrètement le fardeau documentaire. Dans une journée type de 15 à 18 patients, cela libère une bande passante cognitive qui permet de capter l’essentiel : la référence oubliée, le diagnostic différentiel, la demande de suivi non envoyée.
« Le Scribe, pour moi, c’est essentiel. Et à partir du Scribe, il y a tellement d’autres applications qui peuvent se développer. »
Avant de nouveaux programmes, avant les transferts d’argent, avant la restructuration, mesurez la réalité. La situation financière précaire du médecin de famille moyen est une surprise pour la plupart des Canadiens. La rendre visible, c’est là que commence la solution.
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🎧 À écouter aussi
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