Épuisement professionnel et accès aux soins : une équation de plus en plus difficile à résoudre
Notre système de santé est poussé à ses limites. Les études montrent que 90% des médecins disent que la préparation des dossiers cliniques contribue à l’épuisement professionnel¹. Parallèlement, l’accès aux soins demeure un enjeu majeur : plus d’un Canadien sur cinq, soit environ 6,5 millions de personnes, n’a pas de médecin de famille². À cela s’ajoute l’augmentation continue des dépenses en santé, de plus en plus difficile à contenir. Pris ensemble, ces défis peuvent sembler impossibles à surmonter.
Quelque chose a changé. L’IA s’intègre rapidement aux soins de santé au Canada : 68 % des médecins utilisent déjà un assistant de documentation propulsé par l’IA dans leur pratique. Ce n’est plus une tendance lointaine : elle est déjà bien ancrée³. Cette bascule ne tient pas qu’aux statistiques : au balado Réinventer les soins de santé, le Dr Samuel Gareau-Lajoie explique pourquoi la révolution de l’IA en médecine est déjà en marche.
Pour la première fois, nous avons une véritable occasion de nous attaquer à ces défis de longue date et de redonner aux cliniques efficacité et bien-être au quotidien. Afin de comprendre toute l’importance de cette transformation, il faut d’abord regarder où va réellement le temps des médecins.

OÙ VA LE TEMPS DES MÉDECINS
Les médecins passent plus de temps avec le DMÉ qu’avec leurs patients
En 2018, Stanford Medicine et The Harris Poll ont publié une enquête nationale révélant une réalité frappante : les médecins de première ligne passent davantage de temps à interagir avec leur dossier médical électronique qu’avec leurs patients. En moyenne, sur les 31 minutes consacrées à chaque patient, 19 minutes, soit environ 60 %, sont consacrées au DME, contre 12 minutes d’interaction directe avec le patient.⁴
À l’échelle d’une journée, d’une semaine et d’une année de pratique, quelques minutes perdues à chaque consultation peuvent rapidement représenter des centaines d’heures.
Des recherches similaires menées par MEDFAR au sein de cliniques canadiennes confirment cette réalité : les médecins d’ici consacrent en moyenne 23 minutes par patient aux tâches clinico-administratives, dont 14 minutes passées directement à regarder leur écran (6 minutes pendant la visite et 8 minutes après).
Avec MYLE, ce parcours se réinvente pour faire passer ces 23 minutes à seulement 13 minutes par consultation, soit 10 minutes nettes récupérées à chaque rendez-vous :
- Pendant la visite : les 6 minutes d’interaction avec le DMÉ sont réduites à 1 minute grâce à une infrastructure tout-en-un construite autour des flux de travail réels de votre clinique, et de l’outil de Scribe IA intégré directement à l’intérieur du DMÉ.
- Après la visite : les 8 minutes habituellement dédiées à la coordination des soins diminuent à 3 minutes grâce à l’outil de Copilote IA.
Les 9 minutes d’écoute et d’examen restent pour leur part intactes, préservant ainsi toute la valeur des échanges humains avec le patient.

Et ce n’est pas qu’une projection : dans la région du CISSSMO, ce type de flux intégré a permis de récupérer près de 3 heures par membre du personnel clinique, une histoire racontée dans Comment le CISSSMO gagne 3 heures par membre du personnel clinique.

DEUX CATÉGORIES, DEUX DÉFIS
Ces 23 minutes ne se répartissent pas on pourrait l’imaginer.
Sur ces 23 minutes, seulement 9 sont consacrées à l’interaction directe avec le patient. Les 14 autres minutes sont absorbées par la documentation et les tâches administratives. Comme chacune de ces deux catégories répond à des besoins différents, chacune nécessite une solution adaptée.
CATÉGORIE 1 • PENDANT LA VISITE • 15 min/patient
Une attention partagée dans la salle d’examen
Pendant la consultation, l’activité médicale dépasse largement le simple échange verbal. Pendant que le patient s’exprime, le médecin écoute, évalue la situation, consulte l’historique médical et consigne ses observations. Il navigue entre différents onglets pour vérifier l’évolution clinique, analyser les résultats d’analyses, rédiger une prescription ou émettre une demande de consultation spécialisée, tout en maintenant une présence attentive auprès de son patient.

Sur ces 15 minutes, 9 sont consacrées au patient et 6 au DMÉ, alors que le médecin doit à la fois écouter, réfléchir, examiner et documenter. Ces tâches se disputent une même capacité d’attention, et cette charge s’accumule :
- La charge cognitive augmente : Les médecins doivent mener un raisonnement clinique complexe tout en saisissant de l’information dans le DMÉ. D’un point de vue cognitif, cette situation est particulièrement inefficace.
- La relation avec le patient s’affaiblit. Les patients remarquent lorsque l’attention se déplace vers le clavier. Ils hésitent. Ils se répètent. Ils se demandent s’ils ont réellement été entendus. La relation thérapeutique absorbe le coût caché des exigences de documentation.
- La qualité de la documentation diminue. Rédigées sous pression et avec une attention divisée, les notes peuvent perdre en nuance et en détails cruciaux. Des éléments contextuels essentiels peuvent être abrégés, standardisés ou laissés de côté.
Ce qui peut sembler être de simples 6 minutes d’interaction avec le DMÉ représente en réalité une contrainte attentionnelle continue qui pèse sur le déroulement de la consultation.
CATÉGORIE 2 • APRÈS LA VISITE • 8 min/patient
Le travail invisible, le « temps pyjama »
8 minutes supplémentaires s’ajoutent par patient, une fois la visite terminée. Il s’agit du travail administratif secondaire qui s’effectue en dehors du temps consacré au patient : entre deux rendez-vous, durant la pause du dîner ou encore après les heures normales de la clinique. Les tâches après la consultation comprennent :

- La finalisation des dossiers cliniques : La documentation amorcée pendant la visite est rarement complétée avant l’arrivée du patient suivant. Les dossiers incomplets s’accumulent au fil de la journée, créant un retard qui suit souvent les médecins à la maison.
- La gestion des renouvellements d’ordonnances : Les demandes des pharmacies arrivent en continu. Chacune nécessite une révision du dossier, un jugement clinique et une documentation appropriée.
- Le traitement des résultats de laboratoire et d’imagerie Les résultats normaux doivent être examinés et classés. Les résultats anormaux exigent une annotation, des actions de suivi, une communication avec le patient et la planification d’une visite ultérieure.
- La rédaction des formulaires et références : Consultations spécialisées, documents d’assurance, formulaires d’invalidité et demandes de compensation provinciale ajoutent des couches administratives supplémentaires.

Huit minutes peuvent sembler anodines.
Mais multipliées par 28 patients par jour, elles représentent plus de 3,7 h de travail cognitif additionnel. Pour chiffrer ce que valent réellement ces heures récupérables, Les 3 leviers de retour sur investissement pour les cliniques qui adoptent le Scribe IA décortique l’économie concrète d’une clinique.
Ce travail effectué en dehors des heures de consultation constitue l’un des principaux facteurs de fatigue accumulée chez les médecins.
Autrement dit : sur les 23 minutes consacrées à chaque patient, 14 minutes peuvent être récupérées. C’est la part du temps consacrée à l’interaction avec le DMÉ et à la coordination des soins. Une approche plus intelligente et intégrée permet de récupérer ce temps, sans retrancher une seule minute aux échanges directs avec le patient.

AU-DELÀ DU TEMPS ET DES COÛTS
La charge cognitive est le fardeau le plus lourd que portent les médecins

La charge cognitive que portent les médecins ne se mesure pas uniquement au nombre d’heures travaillées. Elle est d’une intensité constante et singulière : on attend d’eux qu’ils fassent preuve d’empathie, de raisonnement diagnostique et de gestion du risque en temps réel, tout en faisant exister un système administratif complexe. Pendant la consultation, ils repèrent des signaux cliniques subtils, évaluent des diagnostics différentiels et prennent des décisions critiques pour la sécurité, tout en gérant les interruptions, la pression du temps et la nécessité de traduire une conversation nuancée en documentation structurée. Ces allers-retours constants entre réflexion clinique et exécution administrative sont mentalement coûteux, et c’est l’une des raisons pour lesquelles de nombreux médecins décrivent leur journée comme épuisante, même lorsque l’horaire semble gérable sur papier.
Les données canadiennes confirment le tout : selon les résultats de l’Enquête nationale de 2025 sur la santé des médecins de l’AMC, 46 % des médecins ont déclaré des niveaux élevés d’épuisement professionnel, et ils ont rapporté consacrer en moyenne 10,4 heures par semaine à des tâches administratives , dont 64 % passent un temps considérable dans les DMÉ en dehors des heures régulières⁵. D’autres données nationales sur le fardeau administratif montrent également que 64% des répondants déclarent consacrer un temps excessif ou modérément élevé aux dossiers médicaux électroniques en dehors des heures normales de travail⁶. En soins de santé, le volume de paperasse en aval est si important qu’il a été estimé à 19,8 millions d’heures par année, ce qui réduit encore davantage le temps d’attention et de récupération et augmente le risque d’épuisement professionnel⁷.
En résumé, le problème se décompose en quatre effets interreliés. La fragmentation cognitive réduit la profondeur clinique. Lorsque l’attention est divisée, le lien avec les patients s’érode. L’accumulation de tâches administratives repousse le travail vers les soirées et les fins de semaine. Et la surcharge persistante accélère l’épuisement professionnel.
La fragmentation cognitive
réduit la profondeur clinique.
L’attention divisée
affecte le lien avec le patient.
Les tâches administratives
repoussent le travail vers les soirées et les fins de semaine.
La surcharge persistante
accélère l’épuisement professionnel.
ET IL N’Y A PAS QUE LES MÉDECINS
Le personnel administratif est aussi à bout de souffle
Le problème des 23 minutes, c’est la réalité vécue par le médecin. Mais derrière cette réalité se cache un deuxième enjeu : toute la charge administrative nécessaire au bon fonctionnement de la clinique. Le volume de travail a tout simplement dépassé la capacité des équipes à l’absorber.
~12 000
Appels par mois entrants et sortants : planification des rendez-vous, rappels, suivis.
⁸
~6 000
Documents par mois reçus par télécopieur ou par la poste : résultats de laboratoire, imagerie, rapports et formulaires, tous triés manuellement.
⁸
1:1
Un agent administratif par médecin en moyenne, il faut une adjointe administrative médicale par médecin pour suivre la charge administrative.
⁸
+43,000
Postes à pourvoir d’ici 2033. Postes administratifs que le Canada devra pourvoir d’ici 2033, dans un marché où ils sont déjà difficiles à retenir.
⁹
Maintenir cette mécanique administrative sans compromettre la viabilité de la clinique, c’est précisément le sujet qu’aborde Christopher Fisher dans le balado Réinventer les soins de santé, dans Les cliniques peuvent-elles survivre sans penser comme une entreprise?
POURSUIVRE LA LECTURE
C’est toute cette charge administrative qui se cache derrière le problème des 23 minutes, avec ses propres contraintes. Nous détaillons ici tout ce qu’une clinique doit gérer chaque mois, appel après appel et document après document.
DANS LE BALADO
Dans le balado Réinventer les soins de santé, la Dre Julie Wilson, fondatrice de l’un des plus grands réseaux de soins primaires de la Colombie-Britannique, soutient qu’alléger cette charge ne signifie pas réduire le personnel. Cela fait ressortir les soins qui restaient discrètement en souffrance, le rendez-vous jamais pris, le dépistage passé inaperçu, et donne enfin aux équipes la marge nécessaire pour s’en occuper.
UN PROBLÈME STRUCTUREL, PAS UN PROBLÈME DE DOCUMENTATION
Une technologie mal intégrée aux processus ne fait qu’ajouter de la complexité.
Le problème des 23 minutes n’est pas vraiment une question de temps de documentation. Il traduit un désalignement structurel entre la façon dont la médecine se pratique et la façon dont les outils numériques sont conçus. La plupart des cliniques ont tenté de le régler en superposant de nouveaux outils : un module de prise de rendez-vous ici, un scribe IA connecté là. Mais superposer des technologies règle rarement une inefficacité structurelle. Cela ajoute de la complexité, des coûts, et fragmente davantage les flux de travail.
L’avenir des soins ne repose pas sur l’ajout de nouvelles couches numériques. Il repose sur la refonte du flux de travail afin que la technologie redonne de la concentration au lieu de la fragmenter. La plateforme DME tout-en-un MYLE peut redonner aux médecins ce qui compte le plus : du temps avec leurs patients, et l’espace mental nécessaire pour bien raisonner.
Vous voulez voir à quoi cela ressemble dans votre propre clinique ?
Dans les cliniques qui utilisent MYLE aujourd’hui, les médecins réduisent chaque semaine les heures passées au DMÉ sans ajouter une seule heure supplémentaire à leur horaire.
Parlez à un expert pour analyser votre fonctionnement clinique actuel et découvrir combien de temps vous pourriez récupérer.

Sources
1. Association médicale canadienne. Le fardeau administratif pousse l’épuisement professionnel chez les médecins et risque l’accès aux soins. AMC, 2024. https://www.cma.ca/fr/nos-objectifs-prioritaires/fardeau-administratif-medecins/faits
2. Kiran T, et coll. Enquête nationale OurCare, 2022. Initiative OurCare, Unity Health Toronto. https://www.ourcare.ca/survey (l’initiative OurCare est bilingue, mais la page d’enquête n’a pas d’URL française distincte)
3. Institut canadien d’information sur la santé. (23 avril 2026). Utilisation des outils de communication numériques et de l’IA chez les médecins de famille. https://www.cihi.ca/fr/comprendre-le-bien-etre-des-medecins-de-famille-situation-au-canada-et-dans-dautres-pays-semblables/utilisation-des-outils-de-communication-numeriques-et-de
4. Stanford Medicine. How Doctors Feel About Electronic Health Records (présentation du sondage sur les DME), 2023. https://med.stanford.edu/news/insights/2018/06/poll-doctors-say-electronic-health-records-need-overhaul.html (disponible en anglais seulement)
5. Association médicale canadienne (2025). Profession toujours sous pression, plusieurs signes d’amélioration : résultats du Sondage national de l’AMC sur la santé des médecins de 2025. https://www.cma.ca/fr/dernieres-mises-jour/profession-toujours-pression-plusieurs-signes-damelioration-resultats-sondage-national-lamc-sante
6. Association médicale canadienne (2025). Cinq ans après le début de la pandémie de COVID-19, les médecins qui exercent au Canada sont toujours aux prises avec un taux élevé d’épuisement professionnel. https://www.cma.ca/fr/propos-nous/notre-role/salle-presse/cinq-ans-apres-debut-pandemie-covid-19-medecins-qui-exercent-au-canada-sont-toujours-aux-prises-taux
7. Association médicale canadienne. Fardeau administratif des médecins. https://www.cma.ca/fr/nos-objectifs-prioritaires/fardeau-administratif-medecins
8. Étude interne de MEDFAR
9. Emploi et Développement social Canada. (2025, 30 janvier). Adjoints administratifs médicaux (CNP 13112) : Système de projection des professions au Canada (SPPC), 2024–2033. Gouvernement du Canada.

